Partager l'article ! Grève au Quotidien : les raisons de la colère: Donc, c'est le bordel au Quotidien. Normal. Son histoire s'apparente à celle de Libé. Des gens ...
Donc, c'est le bordel au Quotidien. Normal. Son histoire s'apparente à celle de Libé. Des gens passionnés au départ, puis des financiers au pouvoir.
1976. Une seule compagnie aérienne (Air France), un seul journal: le JIR (Hersant). Tenue par une cohorte de post-colonialistes, la feuille tient le choc à grands coups de scoops catho. Le lecteur est aux ordres. Il n'a pas le choix
Survient Maximin Chane Ki Chune. Ex-laborantin photo, cet homme élégant décide de relever un défi insensé:créer un contre-pouvoir au contre pouvoir. Un journal. Le Quotidien de La Réunion et de l'océan Indien est né.
Les débuts sont âpres. Les expat's négocient des salaires hors-norme. Ils ne sont pas à La Réunion pour travailler, encore moins pour relever un défi qui s'avérera historique. Gros salaires et bronzette.
Le titre, devenu populaire, est en total déficit. Il doit fermer. Une manif de ses salariés, les plus fidèles, accompagnée d'un soutien des opposants politiques à papa Debré, font tilt. Les banques cèdent. Le Quotidien refait surface.
Arrive un homme providentiel. Jean-Louis Rabou. Décidant de très mal payer ses journalistes, il leur confère en contre-partie une liberté de comportement et d'expression d'une envergure inouie. Les conférences de rédaction sont chaudes. Plusieurs journalistes n'ont pas dormi de la nuit. Il est neuf heures du matin. Ils sont ivres morts.
Rabou, le rédac'chef , déclare qu'il n'est pas un patron. Mais un chef de bande. Ce qui est vrai. Le droit d'écriture est absolu. Chaque notable en prend pour son grade. Le journal carbure au feu de dieu dans l'opinion. Le vrai contre-pouvoir est enfin installé.
Une bonne dizaine d'années passe. Victime de son succès et de son embourgeoisement économique, Le quotidien devient ,petit à petit, un journal comme les autres : évictions ou départs des plumes anachroniques, recrutement de rédacteurs transparents, acharnement sur le PCR, la perte de sens est aussi logique qu'inévitable.
Ex-titre affoleur, Le Quotidien n'est plus l'ombre que de lui même.Les guerres internes font rage. Rabou en sera la première victime. Préretraité dix ans avant l'âge légal.
Ses "bons" amis se marrent. Issa, Fortier, Goglione, etc, sont aux anges. La nouvelle direction nomme un rédacteur en chef,sans aucune saveur,issu du sérail. Il ne fait pas long feu.
Son remplaçant, recruté pour des raisons inimaginables à L'est Républicain (Crédit Mutuel), tient moins d'un an.
Depuis son départ, aucune personne ne dirige officiellement la rédaction. C'est la débâcle. Rédaction,pub, administration, technique, sont à l'unisson pour faire face à ce gâchis.
Le DG n'est pas le principal responsable de ce cuisant échec. Homme de réseau et d'influences, Alain Bailly s'est toujours évertué,avec force, à contrecarrer les projets éditoriaux du journal.Ce n'est pas un homme de lettres. Juste un comptable. Il aime les Porsche et les Mercedes. Comme la quasi-totalité des "patrons" de presse d'aujourd'hui.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
J'en aurais bien lu plus sur le sujet. Et j'aurais parlé du Réunionnais pour évoquer la vraie dérive des quotidiens de l'île qui pourtant, c'est à souligner, restent d'une bien meilleur niveau que ceux de Pétromole. N'est-il point?
Fanny
Amicalement