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Je suis d’humeur inégale. Pour ne pas écrire franchement de mauvais poil. Un, parce que j’ai mes règles. Deux, parce que je viens tout juste de découvrir l’insupportable palmarès du festival de Cannes. Trois, parce que j’ai décidé d’arrêter de fumer tout en continuant de griller blonde US sur blonde US. Quatre, parce que je suis à plat de chez à plat suite à un week-end hors du temps chez un châtelain de province élégamment furieux. Cinq parce qu’un client vient de me commander une critique d’une biographie de François Bayrou rédigée par un ex-éditorialiste de notre chère PQ(R ?). Saloperie de 2 chevaux (1). Dans ces conditions, cher lecteur, je te propose donc une revue de presse correspondant à mes états d’âme menstruels.
Caussette. Si tu es un homme, passe tout de suite à la
brève suivante. Ou va sortir les poubelles, ramasser tes chaussettes qui puent dans le salon, t’occuper pour une fois de tes sales gosses. OK ? Super les filles, on est entre nous, sereines,
décontractées des ovaires (allusion détournée à Depardieu dans Les Valseuses quand il conduit la R16). Figurez-vous les cocotes qu’une bande de bad girls vient de créer un nouveau magazine
féminin (2). Non-non, je te vois venir. Pas un énième titre-tampax ultra-pubé. Un vrai mag de femme droite dans ses tiags. « Causette », c’est son nom, se revendique « plus
féminine du cerveau que du capiton ». Carrément réussi sur toute sa ligne éditoriale, le bimestriel dirigée par Bérangère Portalier (red’chef), est la plus belle surprise de ces
dix dernières années dans l’univers chloroformé de l’édition médiatique. « Technikart », je ne te parle même pas des « Inrocks », fait figure de vieille fille à côté de ce
petit bijou iconoclaste, décalé, beau, pertinent, bien écrit. Pour résumer, ça passe comme un Cheval Blanc 1976. Juste pour te mettre la soif, je te livre quelques titres de
l’ouvrage :
- Saintes menstruations : l’Eglise voit rouge
- Parlement européen : placard pour dames
- Sihem Bensedrine : courage, censure et répression
- Innovation : la bouffe vous parle
- Dossier : l’Ombilic des Nymphes
Alors, ça te cause « Causette » ? Abandonne ce que tu es en train de faire et fonce chez ton kiosquier préféré l’acheter. Attention : l’ouvrage est parfois linéarisé dans le rayon porno. Si c’est le cas, tu lui mets la honte à ton kiosquier. Ensuite, tu vas sur www.brindecausette.fr et tu t’abonnes illico (Et ce malgré les conseils du service promo de « Causette » qui te dit : « Vous abonnez pas, c’est à chier »/Je te jure sur la tête de mon labrador que c’est vrai).) Evidemment, tu fais passer le message à tes copines. Pour celles qui ne parviendraient vraiment pas à trouver la perle rare, tu envoies un mèl à dansmaville@brindecausette.fr, on t’indiquera où dénicher la belle chose.
Pour ton info, c’est assez rare de nos jours pour le signaler, « Causette » est éditée par une maison indépendante. Donc sans gros moyens. Re-donc à soutenir sans modération. Comme le Cheval Blanc d’ailleurs. On espère dur comme fard que Bérangère Portalier et ses indiennes passeront rapidement à une périodicité mensuelle. Ca ne tient qu’à toi. Et aux annonceurs. Pas gagné mais possible. On croise les doigts de pied.
Bio. Beaucoup moins drôle, je t’en parlais d’ailleurs tout à l’heure, je dois rédiger une critique sur la bio non autorisée de François Biroute. Le bouquin est signé Pierre Taribo, ex-éditorialiste PQ(R ?) à la retraite qui écrit comme j’efface. Si quelqu’un veut faire mon nègre, ou ma négresse, sur ce mauvais coup, merci de me biper. Je paie en nature. Non, je déconne. Encore queue. Mets ta photo en pièce jointe, on ne sait jamais.
Blag (rewrité). Copain de Taribo et lui aussi ex-éditorialiste copier-coller qui a attendu d’être nommé à la tête de La Provence pour découvrir que la France était un pays métissé (il sévissait auparavant en Bourgogne et Normandie), Gilles Dauxerre est toujours au chôm’du. Viré par Hersant, ce journaliste transparent-méchant, pardon cet excellent professionnel (c'est ce qu'on me demande d'écrire, je n'ai jamais rien lu de ce brave homme )) vient de créer une boîte de conseil en communication de proximité (sic). Outre les grosses allocations assedic qu’il doit toucher depuis son licenciement, celui qui a viré un de mes potes parce qu’il écrivait mieux que lui, ce qui n’est franchement pas un exploit, arrondit ses fins de mois dans un domaine dans lequel il excelle : la communication de proximté. Précieux conseil : si vous avez un problème de com’, achetez vite les conseils de GD Conseil. A moins que vous ne vouliez faire définitivement couler la frégate.
Promo. A l’époque en panne seiche (seiche : l’encre) d’idées créatives, « La Tribune » avait débauché Taribo pour prendre sa direction adjointe de la rédaction. Le néo-biographe, suite à une levée générale de claviers des journalistes, en était reparti aussi vite qu’il y était arrivé. Le quotidien économique a trouvé aujourd’hui un moyen beaucoup plus pragmatique de partir à la conquête de nouveaux lecteurs : une formule d’abonnement net-print avec portage à domicile pour 10 euros par mois. En bonus, les quinze premiers jours sont gratuits. C’est décidé, je deviens une nouvelle lectrice de La Tribune. Faites pareil les gars-garces, c’est toujours moins pire que ton quotidien de province, ton Métro, ton 20 Minutes ou ton Direct Soir-Matin. En plus, et c’est pas de la déconnade, l’édition du week-end est presqu’agréable à lire.
Auto-Moto. L’audience du jité de 8p.m de TF1 est en chute libre. Interviewé lundi matin sur France Info, Nonce Paolini, le grand ordonnateur de ce que Les Guignols avaient surnommé « La boîte à cons » (C’est méchant pour Seb Folin qui est un pote à moi), a déclaré que sa femme-tronc-vedette, Florence Maseratti, n’était en rien responsable de cette démobilisation du temps de cerveau disponible de la mégère de moins de 50 ans. Le nonce cathodique serait-il en train de se rendre compte que son 20 heures, comme celui de ses concurrents, a 30 ans de retard sur les attentes des cons de téléxpétatifs que nous sommes ?
Robert. Non petit(e) obsédé(e) fanstasmeur(se). Je ne vais pas te parler de mes mensurations (90-60-90 si tu veux tout savoir). Mais de Denis Robert, le journaliste le plus surveillé de France. Suite au papier que j’ai écris sur lui la semaine dernière, l’investigateur m’a envoyé un mèl très gentil dans lequel il me précise qu’il n’est pas aussi « isolé et déprimé » que je l’ai laissé entendre. C’est noté Denis. N’empêche que Lautrinfo continue et continuera à te soutenir dans tous tes combats.
Suisse. Pub extravagante dans le cahier numéro III du Figaro du 25 mai. Le Journal Des Finances y propose son guide spécial ISF 2009 pour 32euros90 au lieu de 34euros90 avec frais de gestion offerts. Aucun doute : c’est vraiment la crise.
Cannes. Parce que plein de Français ou francophones y ont été récompensés, la quasi-totalité de la presse a salué le dernier palmarès du Festival de Cannes. La Palme à Haneke, franchement, fallait oser. Tu as déjà maté un Haneke ? Moi, oui. Ca s’appelait « Caché ». Mortel. Au mauvais sens du terme. Comment Binoche et Auteuil, pour lesquels j’ai infiniment de respect, ont-ils pu se corrompre dans une telle niaiserie prise-de-tête pseudo-intello. C’est clair, si tu n’habites pas Canal Saint-Martin (vers chez Prune), tu ne tiens pas un quart d’heure. Histoire d’enfoncer le clou rouillé, Huppert (pour laquelle j’ai infiniment de respect) et sa triste bande, ont couronné Resnais et le fils Audiard. Rien en revanche ou presque pour Tarantino, Loach ou Almodovar. On se vengera en salle, c’est juré. On propose également de rebaptiser le Festival du Bunker. Pourquoi pas le festival de la béquille ou du déambulatoire ? J’attends vos suggestions. Ainsi que le prochain numéro de « Brazil », seul magazine crédible de cinoche.
Laure Cazal
(1) : Dans l’Aube, là où vit mon châtelain rock’n’wine, l’expression « saloperie de 2 chevaux » signifie « bordel de merde ». C’est tout de même moins vulgaire. Juste à côté, dans l’Yonne, on dit « salope, Pénélope ». C’est plus grossier et c’est même pas vrai. Pénélope est un superbe pur sang anglais sur lequel je parie régulièrement un peu de sous.
(2) : L’une des nombreuses particularités de « Causette » est que ce magazine attire aussi bien un lectorat féminin que masculin. Mon Jo vient d’ailleurs de s’y abonner sur la toile. Et toi ? C’est pas encore fait ?
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Cannes 2009 ne restera pas dans les annales, certainement, mais Cannes n'est pas mort. Il ne reflète que l'époque molle, il ne redeviendra précurseur, provoquant que... L'année prochaine ??
continue le combat pour une "presse française lisible"...y'a de la place sur le marché.
Bien cordialement, en attendant impatiemment de te lire.
embrasse m.le curé
habitant dans les Vosges, j'ai longtemps lu L'est Républicain alors dirigé par M.Taribo. Je suis d'accord avec vous. Ce monsieur n'a aucune envergure d'écriture. Mais maintenant, c'est encore pire : L'est Républicain s'est retiré du département, a absorbé La liberté de L'Est et nous nous retrouvons avec un titre "insipide" répondant au nom de Vosges Matin. Ce quotidien est un torchon. Donnez-moi votre adresse postale, je vous l'envoie, et vous pourrez juger par vous même. On nous prend vraiment pour des ploucs.
Bravo à vous en tous cas.
Continuez à mettre le doigt là où ça fait mal : ça fait du bien.
je suis des vosges aussi et bien d'accord avec kristouf!
Ne crachons pas trop sur Vosges Matin et laissons lui une chance d'exister...
En tout cas je m'abonne à Causette.
La presse féminine n'a qu'à bien se tenir !
Causette arrive discrètement mais si le bouche à oreilles fonctionne bien, elle n'aura pas besoin de beaucoup de promo !
Génial. Merci pour la découverte !!